Avertissement : ce post n’est que le reflet d’une réflexion individuelle ayant pour but de garder trace de l’expérience de l’autrice, il ne saurait en aucun cas remplacer les conseils avisés d’un·e professionnel·le de la santé. Ce qui suit n’est pas un conseil médical, ni une recommandation, ni un encouragement à arrêter un traitement en cours et ne saurait être assimilé à une quelconque pratique médicale.

Contexte§

J’ai été mise sous Escitalopram (10mg) il y a un peu moins d’un mois. Comme prévu, j’ai commencé à ressentir les effets visés la semaine dernière, me permettant de retrouver des pensées plus sereines. En me renseignant sur la molécule, j’ai appris l’existence d’un effet d’accoutumance au médicament, cela signifie que le corps finit par s’habituer à la molécule, entraînant une perte d’efficacité de cette dernière et donc une augmentation progressive du dosage prescrit, jusqu’à atteindre le maximum (20mg). L’Escitalopram est également connu pour être un médicament à sevrage; couper ou diminuer trop rapidement le traitement entraîne un syndrome de retrait et/ou un effet rebond.

Protocole§

Un peu de théorie…§

Pour ne pas me mettre en danger, j’ai besoin de connaître les facteurs à prendre en compte dans le sevrage, ils sont au nombre de deux :

  • Présence de facteurs de risque
  • Demi-vie de la molécule

Les facteurs de risque sont un ensemble de conditions favorables à l’apparition d’un syndrome de retrait, on y trouve de multiples éléments comme la durée de prise de la molécule et la présence d’état de manque lors d’un oubli de prise. La demi-vie de l’Escitalopram est d’environ 30 heures, cela signifie qu’au bout d’une demie-journée, le médicament n’est plus suffisamment présent dans le corps pour être actif.

Dans mon cas, je n’ai pas été exposée très longtemps au médicament (4 semaines) mais suffisamment longtemps pour que ça compte comme proche d’une exposition "longue" (donc avec besoin d’un sevrage). En revanche, je suis incapable de définir si j’ai d’autres facteurs de risque. Puisque la demi-vie est inférieur à 2 jours, je ne peux pas non plus alterner entre "jours sans" et "jours avec", puisque chaque jour sans prendre l’AD serait une rupture. Ces deux indices me poussent donc à faire les choses en douceur, pour ne pas brusquer mon organisme et prendre le temps de sentir ce qu’il ce passe. (mon entourage en backup en tant qu’observateur, en cas d’épisode maniaque)

Important : le syndrome de retrait peut apparaître sous 24h à 48h, disparait sous 1 à 3 jours en cas de reprise des doses habituelles, ne dure pas plus de 15 jours sans reprise des AD. Cette donnée permet de faire la distinction avec une remontée de la dépression.

Mise en pratique§

Le tableau 3 du Manuel pour l’arrêt progressif des antidépresseurs va être ma base de travail. Pour les deux raisons suivantes, je vais cependant devoir modifier les dosages et les durées.

  • Je n’ai pas accès à un·e pharmacien·ne qui pourrait préparer les dosages pour moi, je ne peux donc pas faire des dosages autres que : 10mg (mon comprimé de base), 5mg (en cassant la partie sécable de mon comprimé), 2,5mg (en coupant en deux une dose de 5mg)
  • Descendre de 10mg à 5mg peut déjà représenter une différence de dosage significative puisque ce sont deux paliers de prescription différents

Pour pallier ces deux problèmes, mon plan de sevrage est actuellement le suivant :

DuréeDosage
Étape 00 (point de départ)10 mg
Étape 12 à 4 semaines7,5 mg
Étape 22 à 4 semaines5 mg
Étape 32 à 4 semaines2,5 mg
Étape 4Fin0 mg

La raison pour laquelle je laisse 2 à 4 semaines pour tous les paliers, c’est que je ne connais pas encore le temps d’évaluation d’un palier. Comme je dois être prudente vis-à-vis de la vitesse de descente, je pense que rester un minimum de 2 semaines à chaque palier me permet d’éviter de brusquer mon organisme, d’observer comment je réagis et de voir venir l’effet rebond. Si je sens le besoin de rester à un palier ou de faire la distinction entre un effet de manque et un retour de dépression, je m’autorise à attendre jusqu’à la 4ème semaine pour passer à la nouvelle étape. Si un syndrome de retrait apparaît, je remonte tout de suite à un palier de prescription (5mg ou 10mg) et tente de descendre plus doucement en coupant en 2 les quarts de comprimés (ce qui risque d’être compliqué et hasardeux sur le respect strict de la dose).

Je vais également m’astreindre à poster au moins une fois par semaine un billet d’étape ici, pour dire si tout va bien, si j’ai dû faire un réajustement, si ça ne va pas, etc. Dans le cas où je ne posterai pas après un délai de 7 jours, cela signifierait que je ne suis pas en état de le faire et donc que la dépression a repris le dessus.

Je mets ce plan de sevrage en route dès aujourd’hui, mardi 1er Décembre 2020. J’ai pris hier, un cacet à 10mg et ce matin, j’ai pris 7,5mg.

Prévisions§

Si tout se passe bien, en comptant le nombre de semaines maximum, d’ici 12 semaines, je devrais être sevrée de l’Escitalopram et avoir posté 12 billets de suivis. Si jamais une étape s’avère compliquée, mon entourage est là pour m’épauler et je réhausserais la prise de l’antidépresseur.

Si, au final, une fois sevrée, la dépression se fait écrasante, je retournerais sous mon dosage AD normal et j’attendrais d’être guérie pour me sevrer à nouveau.

#Sources

Syndrôme de retrait§

Sevrage des antidépresseurs§